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Quel revêtement pour votre piscine en dur ?

Si vous avez l’intention de faire construire une piscine en dur, l’une des premières et principales questions à vous poser sera : « Quel revêtement vais-je utiliser ? » Un liner ou un revêtement synthétique compact, de l’inoxydable, du plâtre, de la pierre naturelle, des carreaux en céramique ou une mosaïque ? Allez hop, enfilons notre équipement de snorkeling et allons découvrir de plus près toutes ces possibilités !

Les revêtements adaptés pour construire la piscine de vos rêves sont légion. C’est d’ailleurs le fait de pouvoir concevoir intégralement votre projet à votre gré qui rend les piscines classiques en dur si attrayantes, en général. Rectangulaire, ronde, avec escaliers, un pont, une niche… Toutes les cartes sont entre vos mains. C’est vous qui déterminez les dimensions et la forme. L’autre argument de poids d’une piscine maçonnée est la robustesse. Pour la construction de base, vous pouvez avoir recours à deux méthodes. Soit vous dressez des murs en blocs de béton sur une chape en béton armé coulé. Soit le fond comme les parois sont entièrement coulés en béton (au moyen d’un coffrage).

Ensuite, on habillera la cuve brute. Pour ce faire, les matériaux alliant esthétique et fiabilité ne manquent pas. Et votre préoccupation de l’aspect esthétique sera partiellement déterminée par le budget disponible.

Plâtre
L’enduit au plâtre est sans aucun doute le revêtement le plus fréquent pour les cuves de piscine. Le plâtre blanc existe depuis que les hommes construisent des piscines. C’est un mélange simple de ciment blanc, de marbre blanc et d’eau. Son prix est raisonnable et il livre des murs blancs comme neige et doux au toucher qui, une fois la piscine remplie, arboreront cette robe turquoise caractéristique.
L’inconvénient de l’enduit au plâtre est sa sensibilité aux UV et aux produits chimiques ajoutés dans l’eau. À plus long terme, cette belle apparence blanche ou colorée peut donc s’altérer. Mais il y a plus dramatique. Des taches, voire des craquelures peuvent apparaître… Un problème qui n’est – hélas – pas rare.
Aujourd’hui, il existe heureusement d’autres solutions plus durables présentant les avantages de l’enduit au plâtre classique. Grâce à l’ajout d’additifs spécifiques, elles résistent beaucoup mieux aux agressions des produits chimiques ajoutés à l’eau de piscine, ainsi qu’à la lumière du soleil. Elles offrent par ailleurs un choix plus large de textures de surface.

La marque Mortex en est un exemple. C’est un mélange flexible de chaux et de polymères acryliques. Une fois sec, il est parfaitement étanche et résistera aux agressions prolongées des produits chimiques de la piscine. Ce matériau est également utilisé comme revêtement de sol ou mural dans les espaces très exigeants comme les douches et hammams. Quant à l’aspect esthétique, les possibilités sont nombreuses. Le fabricant propose 64 teintes. Vous pourrez ainsi créer facilement tantôt un tadelakt marocain, tantôt un look béton pur et dur.
Certains autres fabricants ajoutent des granules de verre ou de quartz dans le plâtre, afin de le rendre plus résistant et scintillant. Il est même possible de revêtir votre piscine de galets de rivière. Les galets sont en principe chimiquement inertes dans l’eau et donneront à votre piscine un look très naturel.

Liner
Une façon rapide et économique de revêtir (et étanchéifier) votre cuve de piscine maçonnée est le liner, une membrane synthétique parfaitement étanche. Un liner est souple et léger. Les professionnels peuvent donc le placer facilement. Les jointures sont « soudées » à l’air chaud à l’usine (au préalable) ou sur place, sur le chantier. En principe, il n’y a donc pas de limitations en matière de tailles ou formes. Les liners peuvent arborer différentes couleurs ou motifs. Cependant, au fil du temps, le liner pourra se ternir sous l’effet des rayons UV. 
La durée de vie d’un liner pourra par ailleurs être plus limitée. Celle-ci sera partiellement fonction de la qualité choisie. L’épaisseur (supérieure ou inférieure à 1 mm), notamment, joue un rôle. Certains liners sont armés et/ou ont reçu un traitement antimicrobien afin de prolonger leur durée de vie. Un feutre antibactérien est par ailleurs placé en sous-couche.

Synthétique dur
Le polyester est généralement un peu plus dur qu’un liner. Il est rigide et renforcé de fibres telles que nous en retrouvons dans les piscines monocoques. Mais vous pouvez aussi l’utiliser pour revêtir une piscine maçonnée. Le résultat final sera peut-être toutefois un peu moins lisse qu’avec une cuve monocoque sortie d’usine. Le polyester est soit pulvérisé sur la cuve en béton, soit appliqué en une ou plusieurs couches de tapis de fibres de verre trempés. Une couche de peinture est appliquée en finition. Le nombre de coloris RAL convenant pour les piscines est toutefois limité. Le renforcement de la loi européenne sur l’environnement – qui limite les types de peintures utilisés – peut par ailleurs avoir une incidence sur la durabilité (suite à une osmose apparaissant plus tôt). Il sera donc éventuellement nécessaire de rafraîchir la cuve après dix à quinze ans. Il faudra pour ce faire poncer grossièrement la surface de la cuve et appliquer une nouvelle couche de polyester ou de peinture.

Le polypropylène est un autre matériau synthétique dur et résistant couramment utilisé pour les piscines monocoques. Ce matériau peut être teinté dans la masse. Certains constructeurs fabriquent des piscines sur mesure avec ce synthétique très lisse. Celles-ci sont placées sur une simple chape bétonnée et ne sont par conséquent pas réellement des piscines maçonnées mais nous en parlons néanmoins ici parce qu’elles peuvent concurrencer les piscines en dur en termes de prix et de conception.

Acier inoxydable
L’acier inoxydable – ou inox – permet aussi d’habiller une piscine bétonnée. Mais on dépose généralement la cuve en inox sur un sol en béton simple, dépourvu de murs. L’inox sera également une option pour la rénovation (ce qui est d’ailleurs aussi valable pour les autres matériaux présentés). Ce métal doit sa propriété antirouille à l’ajout de chrome (au moins 10,5 %) dans l’alliage, chrome qui réagit en surface avec l’oxygène et forme un film d’oxyde de chrome protecteur. Si votre constructeur de piscine vous parle d’inox 316L, il s’agit d’une forme d’alliage facile à souder auquel on a ajouté du molybdène. L’inox résiste de la sorte mieux à la corrosion due au chlorure présent dans l’eau. Soyez toutefois conscient des dangers du chlore : même dans le cas d’un usage normal, il n’est pas toujours possible d’éviter la corrosion. C’est pour cette raison que votre fournisseur de cuve inox vous conseillera probablement un système de désinfection à faible teneur en chlore, voire sans chlore. Une piscine inox affiche un look moderne et sa couleur bleutée variera fortement selon l’intensité de lumière et les conditions météo. De plus, l’inox est très durable. En ce qui concerne le prix, il se situe en milieu de gamme par rapport aux autres revêtements possibles.

Colles et joints : ciment-sable ou époxy ?
Il est important de discuter avec votre architecte ou votre entrepreneur du produit à utiliser pour coller et jointoyer vos carreaux en céramique, votre pierre naturelle ou votre mosaïque. 
Après avoir enduit le béton brut ou la maçonnerie d’un mortier d’étanchéité, vous appliquez le matériau de collage. Cette colle doit pouvoir résister à la pression élevée et permanente de l’eau et à la contre-pression qui se crée lorsque la piscine est vide. Elle doit pouvoir résister à d’importantes différences de tension. Pour les piscines extérieures, il faudra en outre que le produit choisi résiste au gel.
Il en va de même pour les joints. Les joints devront en sus résister aux produits chimiques présents dans l’eau de piscine. Ils ne pourront par ailleurs pas constituer un substrat pour les micro-organismes. Enfin, ils devraient idéalement aussi résister aux nettoyeurs à haute pression… Pour le collage comme le jointoiement, le carreleur pourra choisir entre les produits à base de ciment-sable et ceux à base de résine époxydique. 
Le mortier classique est un mélange de sable et de ciment, auquel on ajoute des additifs spécifiques rendant le mélange adapté pour le carrelage des piscines. Il convient pour les carreaux en céramique et la pierre naturelle. Tenez toutefois compte que certains coloris de mortier ne conviendront pas pour une piscine dont l’eau sera filtrée via un procédé électrophysique. Dans ce cas, vous devrez opter pour des colles à base de résine époxydique. Ces colles époxy contiennent deux composants qui livreront un mélange présentant un pouvoir d’adhésion extrêmement élevé. La colle époxy est encore plus résistante aux agressions externes. La condition sera toutefois que le carreleur possède la formation et l’expérience requises pour travailler avec ce produit. La colle époxy convient pour les carreaux en céramique et la mosaïque, mais pas pour la pierre naturelle. 

Et la garantie ?
De quelle garantie bénéficiez-vous sur le revêtement de votre piscine en dur ? Et pour combien de temps ? 
Les articles 1792 et 2270 du code civil prévoient que l’entrepreneur et l’architecte sont responsables durant dix ans de la disparition totale ou partielle de la construction suite à des défaillances au niveau de la construction ou à un vice du sol. Les constructions en béton ou en maçonnerie d’une piscine sont également concernées. Mais pas le revêtement. À ce niveau, c’est à vous qu’il appartiendra de passer une convention avec le constructeur de piscine. Certains donnent deux ans de garantie, le minimum. D’autres font preuve de nettement plus de largesse, en fonction du matériau choisi. Mais la durée de la garantie n’est pas tout. L’entretien correct de votre piscine pourra avoir un impact considérable sur l’usure du revêtement. Et la difficulté sera souvent de déterminer à qui incombe la responsabilité lorsque survient un problème. Il n’est pas rare que des litiges dégénèrent et finissent devant le tribunal. Pour éviter ce scénario, nous vous recommandons de bien réfléchir au sujet préalablement. Des accords clairs et explicites ne suffisent pas ! Il faut aussi choisir un système d’entretien adapté et opter pour un service après-vente qui vous permettra de garantir un entretien correct de votre piscine. 

Pierre naturelle
La pierre naturelle est une option nettement plus coûteuse. Comptez au moins le double par rapport au polyester. Vous en aurez toutefois beaucoup pour votre argent ! Que dire en effet de la majesté dégagée par une piscine en pierre bleue (pierre de taille) ou granit ? Et du toucher très naturel ? La pierre est en principe inusable et durera de nombreuses générations. Elle est extrêmement dure et n’est pas poreuse. L’eau ne peut donc pas y pénétrer. Les pierres de type calcaire comme la pierre bleue requièrent toutefois une certaine prudence avec les acides. Elles n’y résistent en effet pas. Épanchez du jus de fruit, par exemple, et c’est la tache assurée. 
Le chlore utilisé pour désinfecter la piscine, par contre, ne posera en principe pas de problème avec la pierre naturelle. Mais peut-être est-il néanmoins plus prudent de vous assurer de l’adéquation du type de pierre que vous aurez choisi auprès de votre fournisseur, entrepreneur ou architecte. Pour des raisons de sécurité, il convient en outre aussi d’éviter les finitions de pierre trop lisses. 
Côté couleurs, le choix est assez large. La pierre de taille s’assombrit en fonction de la finition : brute, adoucie ou finement polie. Les pluies (acides) rendent par ailleurs la pierre plus grise au fil des ans. Le granit est proposé dans de nombreuses couleurs variant selon la région d’origine.

Mosaïque
La mosaïque est également gage de beaucoup d’allure. Mais elle est encore plus onéreuse. Étant donné le prix du matériau de base – céramique, pierre naturelle ou verre – mais aussi les nombreuses heures de travail nécessaires pour la pose. Cependant, si elle est correctement posée et bien entretenue, la mosaïque pourra concurrencer la pierre bleue en termes de durabilité. 
La surface représentée par les joints est naturellement bien plus importante que pour des plaques ou des carreaux de pierre naturelle. La qualité de la mosaïque dépendra dès lors fortement du produit utilisé pour le jointoiement. (Nous abordons les matériaux de jointoiement et les colles plus loin dans cet article). 
De manière générale, soyez attentif à la sensibilité du matériau, aux fluctuations de température et à la résistance au gel de la mosaïque (c’est-à-dire la combinaison du joint et des carreaux de mosaïque). Ces facteurs seront déterminants lors de votre choix. Certaines configurations ne pourront être appliquées que pour les piscines intérieures. Et à l’instar de la pierre bleue, le marbre – souvent utilisé pour la mosaïque – redoute les acides. La mosaïque en verre, par contre, ne présente pas ces inconvénients.

Carreaux en céramique
Les carreaux en céramique demeurent parmi les revêtements de piscine classiques. La gamme de jolis carreaux convenant pour les piscines est vaste. Comme c’est le cas pour la mosaïque, les matériaux utilisés pour le collage et les joints seront déterminants pour durabilité de l’ensemble. 
De nos jours, on trouve des carrelages céramiques de très, très grand format qui limiteront le travail de jointoiement et seront gage de beaucoup de sobriété. Vous pouvez même commander des carreaux sur mesure de sorte que le carreleur n’a pas le moindre carreau à couper. Et pour en revenir au début de notre article, vous pouvez également trouver des carreaux dans le même blanc immaculé que celui de l’enduit en plâtre à l’ancienne, pour une piscine qui dégagera beaucoup d’éclat.